Les mécanismes de l'érection

L’alchimie des érections

Gardons à l’esprit que la majorité des érections sont dues à une alchimie psycho-organique liée à des stimulations sensitives, visuelles, tactiles, auditives et même olfactives;
C’est donc notre système nerveux qui déclenche l’érection et l’éjaculation.
Le désir nous fait ouvrir les artères qui alimentent en sang les corps caverneux du pénis et nous fait fermer les veines qui le font repartir. Comme une vanne 3 voies.
L’envie et le mouvement mécanique dû au va et vient de la verge, exacerbé par le gland qui se décalotte (et qui est muni de quelques 3 millions de mini capteurs nerveux), amène à l’éjaculation (qui est associée à l’orgasme).
Le plaisir consommé, les artères se ferment et les veines en s’ouvrant vident les corps caverneux. Plus ou moins rapidement selon les individus. Et c’est fini jusqu’à la prochaine motivation !

Le déclenchement de l’érection

L’érection a l’originalité d’être un phénomène réflexe et transitoire ; réflexe car indépendante de la volonté, et transitoire puisque l’état habituel du pénis est la flaccidité.
Il faut bien comprendre en préambule que l’érection correspond à ’’l’état de repos’’ de l’éponge érectile qu’est le pénis et que la flaccidité correspond à une contraction  active de l’éponge plus de 20 heures sur 24 destinée à empêcher le sang de la faire gonfler.
L’érection est donc une relaxation et non pas une contraction ! Curieusement, le cerveau, que l’on dit être le premier organe sexuel de l’homme, a surtout une influence anti-érectile comme le prouve le caractère exceptionnel de l’érection.

On peut classer les érections en 3 groupes :

  1. L’érection psychique, liée à des stimuli sexuels d’ordre imaginaire (fantasmes) et/ou sensoriels (visuels, tactiles, auditifs). Ce rôle psychique est prépondérant pour déclencher l’érection et en assurer le maintien.
  2. L’érection physique, réflexe ou mécanique, provoquée par des stimulations mécaniques (caresses, coït) des récepteurs sensitifs du gland. Elle participe à la rigidification et au maintien de l’érection.
  3. L’érection nocturne, survient dès le plus jeune âge, de manière spontanée, lors des phases de sommeil pendant un total de 2 à 3 heures par nuit. Elle a un rôle trophique (rôle d’entretien par nutrition des tissus) et d’oxygénation des tissus érectiles.

La pratique sexuelle régulière favorise le maintien de la souplesse des corps caverneux, permettant une meilleure récupération érectile après traitement chirurgical (si les nerfs érecteurs sont conservés).

L’éponge érectile fonctionne sous l’étroit contrôle du système nerveux qui intègre et coordonne la cascade des mécanismes qui aboutissent à l’érection ou à la flaccidité.
Toute anomalie dans le système, qu’elle soit structurelle ou de régulation, peut entraîner une dysfonction érectile. On comprend ainsi que celle-ci soit le plus souvent multifactorielle. Par conséquence, tout trouble sexuel pourra altérer la qualité de vie et toute altération de la qualité de vie pourra altérer la sexualité.

Le mécanisme de l’érection

Les 2 dessins ci-dessus illustrent le mécanisme de fonctionnement des corps caverneux.
Le sang arrive par les artères centrales pour repartir par les veines périphériques.
L’enveloppe extérieure du pénis est constituée d’une membrane peu extensible appelée l’albuginée.

En augmentant de volume sous l’afflux de sang artériel, les multiples corps caverneux vont compresser le système veineux contre l’albuginée en bloquant ainsi le système, et permettre la tenue de l’érection dans le temps.
Après l’éjaculation et/ou l’orgasme, les veines s’ouvrent à nouveau et le pénis se dégonfle.

L’érection est surtout un mécanisme vasculaire entraînant le remplissage des corps érectiles de la verge par du sang sous pression afin de lui donner sa rigidité. Ce sang arrive par les artères et repart par les veines.
Tous ces vaisseaux se contractent ou se dilatent sous influence du système nerveux, principal régulateur de l’érection, et selon les besoins du moment qu’ils soient diurnes ou nocturnes.

 

Le priapisme

Le priapisme est défini comme une érection douloureuse et anormalement longue de plus de 3 à 4 heures, déclenchée même en l'absence de toute stimulation physique ou psychologique.
Cet état de fait correspond donc à une situation pénible et potentiellement dangereuse qui est à considérer comme une urgence médicale devant être traité par un urologue qualifié.

Le priapisme correspond à l'impossibilité qu'ont les corps caverneux de se vider du sang qui s'y est accumulé au cours de l'érection. Le sang reste donc prisonnier en raison d'une évacuation veineuse rendue impossible pour différentes raisons pouvant être dues aussi bien à :

  • des raisons psychiques,
  • des prises médicamenteuses,
  • une maladie cérébro-spinale (comme la syphilis),
  • des traumatismes de la moelle épinière,
  • suite à l’injection trop importante d'une drogue vasodilatatrice dans les corps caverneux,
  • ou par absorption massive de comprimés à vocation érectile.

Le priapisme débute par une érection classique. S'en suit un engorgement prolongé ou le gland reste flasque contrairement à l'érection normale. Ce blocage empêchant la circulation sanguine induit rapidement un appauvrissement en oxygène des corps caverneux et un enrichissement en gaz carbonique responsable de l'augmentation de la viscosité du sang.
Le risque de thrombose veineuse conduisant à la fibrose des tissus (dégénérescence des tissus) est réelle et doit faire consulter en urgence.

La thérapie à ce stade consiste à aspirer le sang des corps caverneux. Si l'aspiration échoue et que la tumescence se reproduit, on tente alors la chirurgie en essayant d'inverser l'état priapique en faisant passer le sang des corps caverneux rigides dans le corps spongieux pour favoriser son retour dans le système veineux.

Pris suffisamment tôt, le priapisme n’engendre pas de problèmes particuliers, notamment sur la fertilité et la vie sexuelle.
Pris trop tard, le risque d'impuissance par fibrose des corps caverneux
est possible.

 

Le mécanisme de l’éjaculation

La prostate est entourée de 2 sphincters, sphincters qui sont des muscles et dont la fonction est de fermer l’urètre à la demande. Le sphincter vésical est situé sous la vessie, le sphincter urétral sous la prostate.
Dès qu’il y a stimulation sexuelle, les glandes séminales et la prostate vont produire chacune un liquide qui va protéger les spermatozoïdes en provenance des testicules pendant leur trajet lors de la phase d’éjaculation.

Orgasme et éjaculation sont souvent associés alors que ce sont
2 phénomènes bien différents qui peuvent survenir indépendamment
l'un de l'autre.