L'implant pénien

La mise en place d’un implant pénien, aussi appelé prothèse pénienne, est réservé à la dysfonction érectile organique réfractaire à tout autre traitement (après 2 ans d’échec).

Elle est donc en principe réservée à des hommes qui ont des troubles sévères et irréversibles de l’érection, quelle qu’en soit la cause, et chez lesquels les autres traitements ont échoué, sont contre-indiqués ou trop contraignants pour des raisons techniques ou économiques.

Historique

L’étui de secours pour pénis défaillant existe depuis la plus haute antiquité et se perpétue de nos jours dans les sexshops avec les gaines péniennes externes en silicone se posant sur le pénis comme un préservatif. L’homme impuissant y introduit son pénis invalide pour pratiquer un coït. Ce moyen peut rendre la confiance à certains hommes qui ne l’avaient plus et lever une impuissance par inhibition.

C’est Ambroise Paré, au 16ème siècle, qui innova en inventant la première prothèse pénienne totale dans les suites de chirurgie de guerre pour les hommes ayant perdus le moyen d’uriner. Puis, dans les années 1940, en Angleterre, en période de guerre et pour suppléer les amputations de verge, il fut tenté des implantations intracaverneuses en utilisant un cartilage costal. Face aux bons résultats obtenus, il fut ensuite utilisé des matières plastiques jusqu’à l’implantation d’une prothèse en élastomère de silicone, le Silastic, en 1967.

Les prothèses gonflables furent mises au point en 1973, les prothèses semi-rigides en 1974. Les techniques, peu fiables à leur début, présentent aujourd’hui des caractéristiques techniques qui font que les complications sont désormais rarement d’ordre mécanique mais plutôt d’origine médicale.

Les composants de l’implant sont des biomatériaux inertes, connus pour être généralement bien acceptés par l’organisme humain, comme les stimulateurs cardiaques ou les prothèses mammaires et testiculaires.

Globalement, l’implant pénien donne un bon taux de satisfaction (plus de 90%) et un faible taux de révision (96% fonctionnent à 5 ans, plus de 60% à 15 ans).

 

Qu’est-ce qu’un implant pénien ?

L’implant pénien consiste à remplacer l’intérieur des corps caverneux par du matériel semi-rigide ou gonflable de façon à donner à l’homme déficient une rigidité à la demande pour permettre la pénétration lors des rapports sexuels.

Déroulement de l’intervention

Le matériel prothétique est implanté par le chirurgien urologue spécialisé selon les recommandations du fabriquant du matériel choisi et en fonction des conditions locales.
La taille de l’implant est choisie très précisément en fonction de la longueur exacte des corps caverneux.
Une courte ouverture est réalisée sur le scrotum à la base de la verge. Les pièces de l’implant sont positionnées par cette ouverture.
Pour la pose d’un implant malléable, le chirurgien positionne un implant dans chaque corps caverneux.
Lorsqu’une prothèse à 2 compartiments est mise en place en plus des implants caverneux, une pompe est placée dans les bourses entre les testicules.
Lorsqu’un implant à 3 compartiments est mis en place en plus des implants caverneux et de la pompe, un réservoir est situé dans l’abdomen.

On ne peut pas augmenter la longueur de la verge par pose d’un implant pénien.

Est-ce dangereux ?

Voici le résumé d’une étude réalisée par l’Association Française d’Urologie sur 282 implantations effectuées sur 3 centres entre 1996 et 2005.
Sur ces 282 implantations, 276 étaient de type gonflable.

Résultats :
Les prothèses péniennes étaient posées en moyenne après 39,2 mois de dysfonction érectile chez des patients d'âge moyen 58,6 ans.
Les étiologies principales étaient artérielles (35,3%), le diabète (22,8%) et la prostatectomie radicale (16,5%).
Le taux d’infection post-opératoire était de 2,2% et celui des dysfonctions mécaniques de 7,5% lors des premières poses. Les autres complications nécessitant une révision chirurgicale (érosion, migration, auto-inflation) étaient de 1,8% lors des premières poses.
Le risque d’infection était augmenté (7,6%) en cas de diabète. La satisfaction globale post-opératoire était de 86,7%.
Extrait de Progrès Urologie 2007, 17, 02, 229-234

Les chiffres des complications infectieuses sont différents selon les équipes et concerneraient de 1,7 à 6,6% des patients. Leur taux varie évidemment avec l’expérience du chirurgien et de son équipe.
L’infection peut être post opératoire immédiate (germes à virulence élevée), ou à distance (plusieurs semaines voire plusieurs mois post-opératoires). Le traitement de ces infections nécessite une antibiothérapie prolongée et la dépose et le remplacement de l’implant dans le même temps.

Il n’y a pas beaucoup de pose d’implants péniens, moins de 200 annuels. Rares sont les chirurgiens et les équipes rôdées à ce type de chirurgie spécifique.Il est donc essentiel de bien se renseigner sur la fréquence de pose et sur les résultats obtenus si vous optez pour une intervention de ce type.

 

Les différents types d’implants

Les implants malléables (ou semi-rigides)

Les implants malléables, dits aussi semi-rigides, sont ceux qui offrent une rigidité constante.
Ainsi, la taille de la verge en position ‘‘d’érection’’ est la même que celle obtenue en flaccidité.
Le résultat esthétique comme fonctionnel est moyennement satisfaisant mais l’avantage est celui d’une manipulation simple à comprendre et à exécuter.

Ce sont des implants en silicone dont l’axe est armé par un matériau qui lui confère la rigidité nécessaire au rapport sexuel et la ‘’mémoire’’ après orientation manuelle.

Avantages :

  • intervention chirurgicale plus simple et plus rapide que pour les implants gonflables,
  • risque infectieux plus faible,
  • facile à utiliser : il suffit de redresser manuellement la verge.

Inconvénients :

  • reste toujours rigide, même en dehors des rapports sexuels après abaissement manuel de la verge,
  • peut gêner un acte endoscopique urologique à réaliser par l’urètre, peut gêner l’habillement ou la vie quotidienne selon les activités du patient, travail ou loisirs.

Risques propres :

  • possibilité de fracture de la prothèse, le plus souvent par manœuvre traumatique nécessitant alors le remplacement de l’implant,
  • douleur chronique, avec ou sans érosion du gland, pouvant nécessiter l’explantation et le remplacement par un implant plus court,
  • phimosis : la peau du prépuce s’avère trop serrée une fois la prothèse en place, ne permettant pas ou difficilement le décalottage du gland.

Ce problème peut être facilement corrigé par une plastie (élargissement de l’anneau du prépuce) ou une circoncision.

Les implants gonflables

Les implants gonflables existent en modèle deux pièces ou trois pièces.
Les modèles à deux pièces ont l’avantage d’être posés plus rapidement puisque le réservoir est intégré au cylindre situé dans chacun des corps caverneux.
En revanche il n’offre pas la possibilité d’obtenir une flaccidité complète et donne un résultat esthétique moins bon que l’implant à trois pièces.
Les dernières avancées techniques résident dans l’apparition d’implants dont l’expansion au remplissage se fait en diamètre comme en longueur, reproduisant l’érection caverneuse naturelle.
L’autre innovation notable est l’addition d’un revêtement imprégné d’antibiotiques (Revêtement InhibiZone ® AMS ®) ou d’un revêtement hydrophile permettant l’imprégnation d’antibiotiques de la prothèse (Resist ® Mentor ®). Ces traitements diminuent le risque d’infection.

 

Les implants gonflables à 2 compartiments

Ces implants sont composés de 2 cylindres creux avec chacun une pompe intégrée reliées à un réservoir extérieur.
Le pénis est donc souple en flaccidité (au repos) et se gonfle par des pressions répétées sur la pompe qui remplit les cylindres pour permettre à la verge de gonfler.
Par pression sur un autre endroit de la pompe ou de l’implant pénien (suivant les modèles), les cylindres se vident et permettent un retour de la verge à l’état flaccide.

Avantages :

  • meilleure flaccidité que l’implant malléable,
  • assez simple d’emploi mais nécessite un apprentissage et une certaine dextérité.

Inconvénients et risques propres :

  • difficile à manipuler en cas de problèmes manuels,
  • flaccidité moins naturelle qu’avec l’implant à 3 compartiments,
  • possibilités de fuites ou de mauvais fonctionnement de la pompe nécessitant une ré-intervention (révision).
Les implants gonflables à 3 compartiments

De même principe mécanique, ces modèles reçoivent une pompe unique permettant de gonfler ou dégonfler l’implant pénien. La pompe est elle-même raccordée à un réservoir d’eau implanté devant la vessie.

Avantages :

  • implant le plus proche d’une sensation naturelle, que ce soit au repos ou en érection,
  • pompe plus petite, donc moins perceptible dans les bourses.

Inconvénients et risques propres :

  • nécessite un apprentissage et une certaine habileté,
  • risques de fuites ou de mauvais fonctionnement comme avec l’implant à 2 compartiments,
  • risque de déformation au niveau des cylindres.

Quel que soit le modèle implanté, le patient doit éviter toute activité sexuelle et ne pas utiliser l’implant pendant 6 semaines après l’intervention afin de permettre la cicatrisation.

Risques et Complications :

Les complications directement en relation avec l’intervention sont rares mais possibles :

  • le risque majeur est l’infection. Elle peut être précoce ou plus tardive, parfois plusieurs mois plus tard. Certaines conditions pathologiques favorisent l’infection : le diabète, des antécédents de radiothérapie pelvienne ou de traumatisme pelvien avec lésion de l’urètre, les infections aiguës ou chroniques (urinaires, sinusiennes, dentaires…), certaines affections neurologiques, L’administration d’antibiotiques ne suffit pas toujours et il faut parfois retirer l’implant pénien. Il s’ensuit le plus souvent une fibrose partielle ou totale rendant toute érection future impossible.
    A terme, il est possible de tenter la mise en place d’un nouvel implant, mais l’acte chirurgical est plus difficile et le risque d’une nouvelle infection n’est pas négligeable,
  • la panne mécanique de l’implant peut survenir à moyen ou long terme et peut nécessiter son changement total ou partiel,
  • l’absence de satisfaction sexuelle est possible malgré un fonctionnement correct du matériel.

Les implants péniens ne permettent que de rigidifier la verge. Ils n’ont aucune action sur la sensibilité du gland !

Aujourd'hui, cette intervention chirurgicale, mutilante, n’est proposée que dans des cas exceptionnels. C'est une solution de dernier recours, proposée aux patients quand tous les autres traitements ont échoué.

CONSEIL

Il est recommandé d’utiliser avant la mise en place d’un implant pénien, le vacuum ou pompe à érection, 2 à 3 mois avant la chirurgie pour permettre le placement de cylindres plus longs.*

*Étude de Pahlajani et al. Vacuum Erection devices revisited : Its emerging role in the treatment of erectile dysfunction and early penile rehabilitation following prostate cancer therapy. J Sex Med 2012

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