Les comprimés

Petite synthèse de la révolution pharmacologique de l’érection

En 1982, le Docteur Ronald VIRAG découvre par hasard que l'injection intra caverneuse de papavérine (extrait du latex du pavot) entraîne l'érection. Cela va donner naissance au traitement par auto-injection (piqure dans le pénis).
Efficace chez la plupart des patients, ce traitement était cependant souvent mal accepté et abandonné par un grand nombre d'entre eux sujets à la difficulté à trouver le bon dosage. Il entraînait un grand nombre de priapisme qui heureusement diminuera avec l’arrivée de la prostaglandine E1 dès 1986 (prostaglandine = médiateur chimique qui possède divers effets physiologiques).
L'injection de prostaglandine E1 dans l'urètre (système MUSE), préconisée dès 1997, s'avère mieux acceptée par les patients mais nettement moins efficace que la voie intracaverneuse. Ce moyen d’injection est d’ailleurs en voie d’abandon.

L'arrivée des inhibiteurs de la 5-phosphodiestérase, le Sildénafil en 1990 (comprimé Viagra), suivie du Vardénafil (comprimé Cialis) et du Tadalafil (comprimé Levitra), est une nouvelle révolution thérapeutique. Ces trois molécules efficaces représentent un traitement simple, discret et bien toléré. Cela explique l'engouement dont ces comprimés font l'objet.
Bientôt de nouvelles molécules feront leur apparition sur le marché. Il s'agit bien de marché et l'industrie pharmaceutique ne s'y est pas trompée. On estime qu'au plan mondial, 35 à 50 millions d'hommes prennent régulièrement des inhibiteurs de la 5-phosphodiestérase.
Selon les prévisions actuelles, 40 millions de patients supplémentaires devraient les rejoindre. N'oublions pas qu'après 40 ans, un homme sur deux présente, à divers degrés, des troubles érectiles et que huit impuissants sur dix ne consultent pas.
Demain la thérapie génique fera partie (pour ceux qui en auront les moyens) de l'arsenal thérapeutique. Chez le rat, rendu impuissant, le fait de modifier les gènes responsables de la synthèse du NO (oxyde nitrique), qui joue un rôle fondamental dans la physiologie de l'érection, restaure la capacité érectile.

En attendant, nous pouvons rappeler que la prévention des troubles érectiles est possible : bouger, contrôler son poids, corriger les troubles des lipides et des sucres, renoncer au tabac sont des moyens simples et prouvés à notre disposition pour espérer conserver une ‘’vie érectile’’ satisfaisante.
Soulignons aussi que peu d’hommes, et même de médecins, savent que la dysfonction érectile peut être un marqueur précoce d'une atteinte vasculaire généralisée qui peut se traduire plus tard par un infarctus du myocarde ou un accident vasculaire cérébral. Ainsi, la dysfonction érectile chez un homme de cinquante ans devrait être l'occasion de rechercher et de corriger d'éventuels facteurs de risque cardiovasculaires.

Quelle que soit la raison de l’insuffisance, il convient en premier lieu de restaurer la reprise d’une activité sexuelle de la façon la plus simple et la plus efficace. Il faut donc prolonger ou déclencher une érection favorisant les rapports sexuels dans le but de restaurer la fonction à terme.

Les solutions médicamenteuses, qu’elles soient à ingérer ou à injecter, sont toutes soumises à prescription médicale.

Il est certain qu’ingérer un comprimé est la première voie choisie pour sa simplicité, voie qui n’apporte pas toujours le succès escompté car leur action ne convient pas à toutes les causes du manque d’érection.

DÉFINITION : Vasodilatateur

Médicament ou action capable de dilater les vaisseaux sanguins (artère, veine), par opposition à vasoconstricteur.

 

Le traitement oral : les comprimés

Les comprimés ont pour effet de favoriser la relaxation des vaisseaux sanguins du pénis en agissant comme  vasodilatateurs pour neutraliser une enzyme présente dans le pénis, la phosphodiestérase de type 5 (PDE5).
Cette enzyme provoque la dégradation d’une molécule contribuant à la production de l’érection.
Il se crée alors un relâchement des muscles lisses des corps caverneux, favorisant l’afflux sanguin, avec pour effet bénéfique d’oxygéner les tissus altérés.
Ils agissent par effet mécanique, en augmentant la rigidité de la verge par relaxation des fibres musculaires des alvéoles des corps caverneux qui peuvent alors se remplir de sang. 
Les résultats ne sont pas immédiats (30 à 50 minutes environ) et ils supposent d’être dans un contexte sexuel propice.
L’efficacité des comprimés est inversement proportionnelle à la sévérité de l’atteinte érectile.

Pour une utilisation optimale de ces produits, il est intéressant de connaître au préalable son taux de testostérone. Lorsqu’il est trop bas, le rendement de ces médicaments sera faible.

Ces médicaments très prisés trouvent leur meilleure efficacité dans les cas de difficultés érectiles débutantes de l’homme de la cinquantaine.

En parallèle des comprimés à forte dose prisés dans le cas d’un besoin d’aide immédiate, il est aujourd’hui proposé des traitements à prise quotidienne de faible dose plus respectueux de l’ensemble de l’organisme quand aux effets secondaires possibles. Cette posologie sera préconisée dans une optique de récupération érectile au long cours.

La prise orale est attrayante pour être aisée et discrète. Attention néanmoins au temps de mise en œuvre variable selon les marques.

Le principal inconvénient de ces traitements réside dans leur interférence avec d’autres médicaments à visée vasculaire de par leur mécanisme essentiellement vaso-dilatateur. L’association à des dérivés nitrés, fréquemment utilisés par des patients atteints d’insuffisance coronarienne, est formellement contre-indiquée. Il convient donc d’être prudent dans l’emploi de ces comprimés pour les patients prenant déjà des médicaments à visée vasculaire et/ou présentant des anomalies cardiaques.

Dans leur utilisation courante, un certain nombre d’effets secondaires sont constatés, plus ou moins marqués selon les marques, et portés dans les notices d’emploi :

  • troubles vasomoteurs comme rougeur faciale, sensation de chaleur, hypersudation…
  • migraines et malaises,
  • crampes musculaires,
  • troubles de la vision,
  • nausées,
  • troubles digestifs…

Il est possible de prendre des médicaments supplémentaires destinés à gommer certains de ces effets désagréables. La fréquence d'administration maximale est d'une prise par jour.

Ces médicaments ne sont efficaces qu’en cas de préservation des bandelettes nerveuses, de persistance ou de réapparition d’érections résiduelles et dans le cadre d’une réelle stimulation sexuelle.

Si l’une ou l’autre de ces conditions n’est pas remplie, l’action des comprimés sera fortement compromise sinon inexistante.

Marques disponibles

Aujourd’hui, 3 marques se partagent le marché, chaque produit présentant des caractéristiques pharmacologiques différentes. Les effets secondaires réels et fréquents doivent inciter les utilisateurs à lire les notices avant absorption.
Ces comprimés sont chers et non remboursés, avec d’importantes variations de prix d’une pharmacie à l’autre. Nous avons relevé jusqu’à 30% d’écarts de prix entre deux pharmacies voisines.

Le Viagra®

Principe actif : le Sildénafil.

Le Viagra provoque une érection dans les 20 à 40 minutes suivant la prise, en rappelant qu’il faut une réelle stimulation sexuelle pour la déclencher. Son effet peut durer de 3 à 4 heures. Il faut éviter de boire de l'alcool pendant la prise du Viagra.

Principaux effets secondaires fréquents : troubles visuels, congestions nasales, céphalées, altération de la vision des couleurs, rougeurs sur le visage, dyspepsies (sécheresse de la bouche), maux de tête…

Le Cialis®

Principe actif : le Tadalafil.

Le Cialis peut provoquer une érection 30 à 60 minutes au minimum après l'absorption. L'effet durant de 24 à 36 heures, cela signifie qu'on peut planifier un rapport sexuel longtemps après la prise, mais toujours s’il y a une réelle stimulation sexuelle. Ceci permet de vivre sa vie sexuelle avec plus de tranquillité, car le rapport peut avoir lieu plusieurs heures après la prise du médicament.

Principaux effets secondaires fréquents : céphalées, sensations vertigineuses, palpitations, complications vasomotrices, congestions nasales, nausées…

Ce laboratoire commercialise le Cialis au dosage de 2.5 ou 5 mg pour répondre à un usage quotidien adapté aux patients en cours de résurgence érectile après une période sans aucunes érections naturelles. Les effets secondaires sont alors atténués. Dans cette pratique, le choix de la posologie quotidienne doit être réévalué périodiquement. Des pochettes dites de 28 jours, avec un faible dosage, sont disponibles pour ces cures continues.
CIALIS est disponible en comprimés de 2,5, 5, 10 ou 20 mg.

Le Levitra®

Principe actif : le Vardénafil.

Le Levitra peut provoquer une érection 30 à 45 minutes au minimum après l'absorption. L'effet dure de 4 à 5 heures. Le délai d'action peut être retardé en cas de prise au cours d'un repas riche en graisse.

Depuis juillet 2011 il existe (en Suisse en tout cas) le Levitra®-oro : il s'agit d'un comprimé sublingual (à sucer dans la bouche), avec un goût de menthe.

Principaux effets secondaires fréquents : complications vaso-motrices, céphalées, nausées, vertiges…
Les dosages sont de 5, 10 ou 20 mg.

Vente sur internet

On constate que les médicaments cités ci-dessus ne sont pas exempts de contre indications et d’effets secondaires. Il est donc d’autant plus dangereux de se les procurer et de les absorber sans un avis médical pertinent. Or, de nombreux sites internet proposent ces comprimés en vente libre. Il faut savoir à ce sujet que ces ventes sont illégales puisqu’ils ne peuvent être fournis que sous prescription médicale.
De plus, 70% de ces comprimés vendus en ligne seraient de piètres contrefaçons sans aucun effet thérapeutique. En dernier lieu, les prix proposés ne sont pas toujours plus avantageux que ceux pratiqués en pharmacie. Ils sont même parfois nettement plus chers.

Compléments alimentaires

Nous ne pouvons conclure ce chapitre sur les comprimés sans parler des compléments alimentaires censés apporter du tonus sexuel.
Publicité dans les boîtes à lettres, dans les périodiques, sur internet… les superlatifs employés pour vanter ces produits ‘’bandants’’ sont tels que l’on peut se demander pourquoi nous n’en sommes pas encore tous devenus accros.
Il est connu que certaines plantes ont le pouvoir de favoriser un meilleur drainage lymphatique donc une meilleure circulation sanguine. A terme, cela pourrait avoir un effet sur l’érection. Mais les plantes aux pouvoirs apaisants pourraient avoir un effet similaire puisque l’érection correspond à une relaxation musculaire.
Gingembre, maca, ginseng, ginkgobiloba…
ont la réputation d’être de légers aphrodisiaques et sont proposés par de nombreux laboratoire phytosanitaires français. Alors… Peut-être suffit-il d’y croire…
Poudre de corne de rhinocéros ou de sabot de gazelle… par contre, n’ont jamais eu de vertus que dans des croyances populaires d’un autre âge.
Une saine hygiène de vie, une alimentation équilibrée, de l’exercice physique et intellectuel nous semble aussi profitable pour notre bon fonctionnement physiologique que tous ces produits sur lesquels personne ne s’avance pour en cautionner les mérites et dont on peut parfois se demander d’où ils sont issus.