Les facteurs de risques vasculaires

Les corps caverneux étant le prolongement des artères, ils seront soumis aux mêmes conséquences lors de pathologies vasculaires. Ainsi, la dysfonction érectile peut être assimilée à une maladie vasculaire avec des facteurs de risques clairement identifiés.

Le diabète

Le diabète est une des causes principales de l’insuffisance sexuelle avec une prévalence 3 fois plus élevée par rapport à la population générale.
Dans les faits, il est estimé que la moitié des hommes atteints de diabète ont des troubles d’érections et qu’ils les éprouvent 10 à 15 ans plus tôt que les hommes non diabétiques. Nous avons vu aussi, à l’inverse, que la dysfonction érectile peut être une indication précoce du diabète, surtout chez les hommes jeunes, âgés de 45 ans et moins.
Le diabète altère le processus de l'érection principalement par altération des fibres nerveuses commandant les vaisseaux sanguins. Cela s’appelle la neuropathie diabétique. Dans les faits, c’est le flux sanguin vers le pénis qui diminue, engendrant les troubles d’érections.
Les diabétiques subissent aussi une baisse du taux de la testostérone, hormone qui joue un rôle si important dans le fonctionnement sexuel chez les hommes. Cette baisse diminue le désir qui à son tour amplifie les problèmes d’érection.

Les médicaments utilisés par les diabétiques peuvent, eux aussi, aggraver la condition érectile.

Le tabac

La prévalence élevée de patients tabagiques parmi les hommes présentant une dysfonction érectile est significativement plus élevée que dans la population générale (40% contre 28%), et parle clairement en faveur d’une corrélation nette entre le tabac et les troubles érectiles.
Si le tabac est néfaste pour l’érection et pour la qualité du sperme, il l’est aussi pour la fertilité, laquelle peut être sensiblement diminuée chez les fumeurs.
C’est le tissu érectile qui risque d’être touché et perdre de son élasticité par l’apport de nicotine. Cet effet peut être amplifié par d’autres facteurs comme le stress ou pire, par des anomalies vasculaires et cardiaques.
Parmi les innombrables constituants actifs du tabac, la nicotine, le monoxyde de carbone, certains radicaux libres, entre autres, sont responsables d’une vasoconstriction (diminution du calibre des vaisseaux sanguins) avec un effet pouvant être rapide sur certains individus.

L’obésité

Le risque qu’ont les hommes obèses de développer des troubles de l’érection est 30% plus élevé que celui des hommes ayant un poids normal.
L’obèse, le plus souvent confronté à un problème de diabète en raison de la production excessive d’insuline, a tous les risques de diminuer la production d’oxyde nitrique, le produit chimique qui permet le relâchement des muscles du pénis pour permettre l’afflux sanguin nécessaire à l’obtention d’une érection.
Outre le facteur oxyde nitrique, il a été identifié plusieurs mécanismes qui pourraient expliquer le lien entre dysfonction érectile et obésité. Il a ainsi été constaté que le degré d’obésité peut être mis en corrélation avec une diminution du niveau de testostérone. Or, dans la plupart des cas, plus l’obésité est sévère, plus le taux de testostérone est faible.

L’alcool

L’alcool consommé modérément peut avoir un effet bénéfique sur l’homme en proie à des inhibitions, dont l’anxiété de performance sexuelle.
Les problèmes apparaîtront à terme pour une consommation excessive en jouant sur les nerfs, les vaisseaux sanguins et l’équilibre hormonal.
De nombreux alcooliques repentis continuent de souffrir d’impuissance sexuelle bien après leur sevrage.

Le cholestérol

On sait avec certitude aujourd’hui que l'augmentation du taux de cholestérol dans le sang est un des facteurs de risques de maladies cardiovasculaires, tout comme l’hypertension, le tabac et la sédentarité.
Le cholestérol est une graisse (indispensable) apportée pour un tiers par l’alimentation et aux deux tiers fabriquée par le foie. Lorsque les taux sont normaux, le cholestérol assure la protection de nos artères en leur donnant souplesse et force.
Alcool, obésité, tabac, nourriture grasse… nombreuses sont les raisons de produire ce qu’on appelle le ‘’mauvais cholestérol’’ qui est à l'origine de la formation de plaques d'athérome (dépôts graisseux), encore appelées athérosclérose. Cet athérome s'accumule ainsi au fil des années sur la paroi interne des artères provoquant un épaississement, un durcissement et une diminution de l'élasticité des artères, dont les artères péniennes.

L’hypertension artérielle

Il est estimé en France que plus de 14 millions de personnes sont hypertendues et que 10 millions d’entre elles sont sous traitement.
Parmi cette importante population, les hommes peuvent avoir des troubles de l'érection à cause de leur hypertension. La pression artérielle correspond à la force exercée par le sang contre les parois des artères. Lorsqu'elle est trop importante, les artères vieillissent plus vite et peuvent éprouver des difficultés à alimenter les organes tels que l’organe sexuel situé en extrémité de circuit. Les traitements administrés peuvent aussi causer une impuissance avec un effet réversible possible à leur arrêt. L'hypertension artérielle favorise l'athérosclérose.

Lien entre troubles de l’érection et maladies cardiovasculaires

« Chez les hommes de plus de 40 ans, les troubles de l’érection proviennent dans la majorité des cas de causes organiques avec une origine le plus souvent vasculaire. »

Dr Roumazguère, Sternon et Schulman – Rev Méd Brux 2003 : 169-75.
Pfizer – Troubles de l’érection/Ma santé et moi.

L’érection nécessite une dilatation des artères du pénis et des corps caverneux (qui est donc leur prolongation) pour favoriser l’afflux sanguin et obtenir un gonflement avec rigidité.
Or, les artères caverneuses du pénis font partie des artères dont le calibre est le plus petit. Elles auront donc d’autant plus de facilités à s’altérer, voire se boucher, en cas d’athérosclérose diffuse (hypertension, diabète, tabagisme…).
Cela expliquerait l’antériorité de la survenue de la dysfonction érectile par rapport à la maladie cardiovasculaire.

Afin de bien comprendre ce phénomène, nous avons représenté schématiquement deux artères de calibre très différent : l’artère pénienne faisant 1 à 2 millimètres de diamètre, l’artère fémorale de 5 à 8 millimètres.

Ce sont des dépôts graisseux sous forme de plaques le long des parois des artères, appelés ‘’plaques d’athérome’’, qui en devenant plus ou moins importants peuvent diminuer suffisamment le calibre de l'artère pour diminuer son débit.