Sclérose en plaques et érection : comprendre les troubles et trouver des solutions

La sclérose en plaques (SEP) est l’une des maladies neurologiques les plus fréquentes chez l’adulte jeune. Ses effets sur la vie sexuelle sont parmi les moins abordés avec les patients, pourtant ils touchent la majorité des hommes atteints à un moment ou un autre de leur maladie. Comprendre pourquoi la SEP perturbe la fonction érectile et quelles solutions existent est indispensable pour maintenir une qualité de vie sexuelle satisfaisante.

Sommaire

Pourquoi la SEP cause des troubles de l’érection

La sclérose en plaques est une maladie auto-immune qui attaque la myéline, la gaine protectrice des fibres nerveuses du système nerveux central. Ces lésions (plaques) interrompent ou ralentissent la transmission des signaux nerveux entre le cerveau, la moelle épinière et les organes.

L’érection dépend précisément de cette transmission nerveuse. Les nerfs érecteurs partent de la moelle épinière sacrée (niveaux S2-S4) et cheminent jusqu’au pénis pour déclencher la vasodilatation. Lorsque des plaques se forment sur ces voies nerveuses ou sur les centres médullaires qui les contrôlent, le signal d’érection est interrompu ou affaibli, indépendamment du désir et de la stimulation.

Les troubles érectiles touchent entre 50 et 75% des hommes atteints de SEP selon les études, et sont souvent l’un des premiers symptômes à apparaître, parfois avant même que le diagnostic de SEP soit posé.

Les différents types de troubles sexuels dans la SEP

La neurologie de la SEP distingue trois niveaux de troubles sexuels, une classification utile pour orienter la prise en charge.

Troubles primaires : l’atteinte neurologique directe

Les troubles primaires sont la conséquence directe des lésions démyélinisantes sur les voies nerveuses impliquées dans la sexualité. Ils incluent la dysfonction érectile par interruption du signal nerveux érecteur, la réduction de la sensibilité génitale qui diminue la réponse à la stimulation, les troubles de l’éjaculation (éjaculation retardée, absente ou rétrograde), et la difficulté à atteindre l’orgasme malgré un désir intact.

Ces troubles primaires ne répondent pas aux traitements qui nécessitent un signal nerveux fonctionnel, notamment les médicaments oraux de type iPDE5. Ils nécessitent des approches qui contournent la défaillance nerveuse.

Troubles secondaires : fatigue, spasticité et médicaments

Les troubles secondaires sont les conséquences indirectes de la maladie sur la sexualité, sans lien direct avec les lésions nerveuses des voies sexuelles.

La fatigue est le symptôme le plus fréquent de la SEP et l’un des plus invalidants pour la vie sexuelle. Une fatigue intense en fin de journée rend l’activité sexuelle difficile ou impossible, indépendamment de la fonction érectile elle-même. Programmer les moments d’intimité en dehors des périodes de fatigue maximale, souvent en milieu de matinée, peut aider.

La spasticité peut créer des douleurs ou des positions inconfortables pendant les rapports sexuels. Des médicaments myorelaxants pris avant les rapports, sur avis médical, peuvent réduire ce problème.

Les troubles vésicaux (incontinence, urgences mictionnelles) peuvent créer une appréhension des rapports sexuels. Vider la vessie avant tout rapport et adapter les positions peut réduire cette anxiété.

Les médicaments utilisés dans la SEP peuvent eux-mêmes affecter la sexualité. Certains antispastiques, antidépresseurs et médicaments de la fatigue ont des effets secondaires sexuels documentés. Parlez-en à votre neurologue si vous suspectez un lien.

Troubles tertiaires : l’impact psychologique

Les troubles tertiaires sont les répercussions psychologiques et relationnelles de la maladie sur la sexualité. La dépression, très fréquente dans la SEP, réduit la libido et l’élan vers l’intimité. L’image de soi dégradée par les handicaps physiques visibles peut alimenter l’anxiété de performance. La peur de ne pas satisfaire son partenaire ou de ne pas être désirable malgré la maladie crée des blocages supplémentaires.

Ces troubles tertiaires répondent bien à la sexothérapie et à la thérapie de couple, qui offrent un espace pour aborder ces questions avec un professionnel formé à la sexualité dans le contexte du handicap et de la maladie chronique.

Les médicaments oraux fonctionnent-ils dans la SEP ?

Les inhibiteurs de la PDE5 (Viagra, Cialis, Levitra, Spedra) peuvent être utiles dans la SEP mais avec une efficacité variable selon la localisation et l’étendue des lésions.

Lorsque les lésions affectent partiellement les voies nerveuses érectiles, un signal résiduel peut encore être amplifié par les iPDE5. Dans ce cas, les médicaments oraux peuvent améliorer la qualité des érections. Plusieurs études ont montré une efficacité du sildénafil (Viagra) dans la dysfonction érectile liée à la SEP, avec des taux de réponse de 50 à 70% selon la sévérité neurologique.

En revanche, lorsque les lésions ont complètement interrompu les voies nerveuses érectiles, les médicaments oraux sont sans effet car ils n’ont plus de signal à amplifier. C’est dans ces cas que le vacuum devient la solution principale.

Les iPDE5 peuvent également interagir avec certains médicaments utilisés dans la SEP, notamment les médicaments pour la spasticité ou les antihypertenseurs. Consultez votre neurologue ou votre urologue avant d’en prendre.

Le vacuum : solution de référence dans la SEP

Le vacuum médical est particulièrement adapté aux hommes atteints de SEP pour une raison fondamentale : il agit mécaniquement par dépression, sans passer par les nerfs érecteurs. Il contourne précisément la défaillance neurologique qui caractérise la SEP.

Les données cliniques disponibles sur le vacuum dans les atteintes neurologiques sont encourageantes. Dans les études sur les lésions médullaires (population proche de la SEP sur le plan neurologique), 93% des patients ont obtenu une rigidité suffisante pour la pénétration après trois mois d’utilisation régulière, avec un taux de satisfaction des partenaires de 83%.

Le vacuum présente des avantages spécifiques dans le contexte de la SEP. Il n’interagit avec aucun médicament utilisé dans la SEP. Il peut être utilisé même en cas de spasticité ou de troubles moteurs des membres supérieurs : le modèle AES3 électrique est particulièrement adapté si la préhension manuelle est difficile. Il joue un rôle de rééducation en maintenant l’oxygénation des corps caverneux, prévenant la fibrose qui s’installerait en l’absence d’érections régulières. Et il peut être utilisé par le partenaire, ce qui facilite son intégration dans la vie intime du couple.

Pour les hommes dont la spasticité ou la fatigue rend difficile la manipulation du modèle manuel, l’AES3 électrique est la solution la plus adaptée : la dépression est créée automatiquement par le moteur, sans effort de préhension. Pour en savoir plus sur le choix entre les modèles : MES, AES3 ou Rehabi : lequel choisir selon votre situation.

Les dispositifs Medintim disponibles chez Bivea sont certifiés CE et accompagnés d’un suivi personnalisé au 05 57 26 09 00. Notre équipe peut vous conseiller sur le modèle le plus adapté à votre situation spécifique.

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Questions fréquentes sur la SEP et les troubles de l’érection

La sclérose en plaques cause-t-elle des troubles de l’érection ?
Oui, dans 50 à 75% des cas selon les études. La SEP attaque les voies nerveuses qui transmettent le signal érecteur depuis la moelle épinière jusqu’au pénis. Ces lésions peuvent interrompre ou affaiblir ce signal indépendamment du désir. Les troubles érectiles sont parfois l’un des premiers symptômes de la SEP.

Le Viagra fonctionne-t-il avec la sclérose en plaques ?
Partiellement, selon la sévérité des lésions neurologiques. Lorsque les voies nerveuses sont partiellement préservées, les iPDE5 (Viagra, Cialis) peuvent amplifier le signal résiduel et améliorer l’érection. Les études montrent des taux de réponse de 50 à 70%. Lorsque les lésions ont complètement interrompu les voies nerveuses, les médicaments oraux sont sans effet. Consultez votre neurologue avant de les prendre car des interactions avec vos traitements SEP sont possibles.

Le vacuum fonctionne-t-il pour les hommes atteints de SEP ?
Oui, c’est même l’une de ses indications les plus pertinentes. Le vacuum agit mécaniquement sans passer par les nerfs érecteurs, contournant précisément la défaillance neurologique de la SEP. Dans les études sur les atteintes neurologiques similaires (lésions médullaires), 93% des patients ont obtenu une rigidité suffisante après trois mois d’utilisation. Le modèle AES3 électrique est particulièrement adapté si la préhension manuelle est difficile.

La fatigue liée à la SEP affecte-t-elle la sexualité ?
Oui, la fatigue est l’un des obstacles principaux à la vie sexuelle dans la SEP, indépendamment de la fonction érectile. Programmer les moments d’intimité en dehors des périodes de fatigue maximale (souvent en milieu de matinée pour les patients SEP) et utiliser un dispositif comme le vacuum qui réduit l’effort physique nécessaire peut aider à maintenir une vie sexuelle satisfaisante malgré la fatigue.

Quel vacuum choisir quand on a des difficultés motrices liées à la SEP ?
Le modèle AES3 électrique est le plus adapté en cas de difficultés de préhension ou de force réduite dans les mains. Son moteur intégré crée la dépression automatiquement, sans effort manuel. L’indicateur LED permet de contrôler la pression sans se fier uniquement aux sensations. Le partenaire peut également utiliser le dispositif, ce qui facilite son intégration dans la vie intime.

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